- Le Siècle des Lumières correspond à un moment de grand développement intellectuel et culturel en Europe et aux États-Unis à la fin de l’époque moderne. Cette période est à l’origine de nouveaux questionnements politiques, scientifiques, sociaux ou encore religieux.
- En Angleterre, John Locke (un des philosophes du XVIIe siècle les plus notables), est le contemporain d’une époque troublée sur le plan politique. En effet, il vit à l’époque de l’exécution du roi Charles Ier en 1649, de la guerre civile et de l’interrègne de 1649-1660 avec la prise de pouvoir de Cromwell comme Lord Protecteur, du retour des monarques sur le trône avec la dynastie des Stuart, et de la Glorious Revolution en 1688.
En raison de ses écrits, il connait une période d’exil qui se termine à la fin de la Glorious Revolution.
Comme nombre de ses contemporains européens de l’époque, il pense qu’il existe un contrat entre le souverain et le peuple où si ce dernier se soumet au souverain, le souverain protège le peuple.
Cependant, l’œuvre de Locke est profondément anti-absolutiste (mais pas anti-monarchique). Pour lui, les droits du peuple sont inaliénables car ils découlent de la nature humaine. Ces droits ne peuvent donc pas être retirés par un souverain, quel qu’il soit.
Les droits du peuple ne disparaissent pas une fois le contrat passé. En effet, le peuple n’a fait que déléguer son pouvoir au souverain mais il ne l’a pas abandonné.
Pour garantir le fait qu’un souverain ne sera pas un tyran, Locke insiste sur la nécessité de séparer les pouvoirs : pouvoir législatif, pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire.
- Voltaire n’est donc pas un contemporain de Locke.
Dans sa jeunesse, il lit des auteurs anglais et s’intéresse à leur modèle politique.
Un conflit avec un aristocrate entraîne son exil en Angleterre jusqu’en 1729.
Son séjour est un moment majeur de sa carrière philosophique. Il s’imprègne des textes de Locke et d’autres penseurs anglais, étudie la monarchie parlementaire et son fonctionnement et la compare au système français. Les textes protégeant les sujets anglais comme l’Habeas Corpus et le Bill of Rights de 1689 le marquent profondément.
Il commence les Lettres philosophiques en Angleterre. Elles paraissent à Londres en 1735 sous le titre Letters Concerning the English Nation.
Il se sert du modèle anglais pour critiquer la monarchie française, et son ouvrage fait donc scandale lors de sa parution clandestine en France.
Cependant, comme d’autres penseurs du Siècle des Lumières, ses idées imprègnent peu à peu les esprits.
Elles influencent la Révolution américaine de 1776 et la Révolution française en 1789.
- D’autres philosophes français font preuve d’une grande anglophilie, comme D’Alembert, Diderot ou encore Jean-Jacques Rousseau, qui rejoint David Hume.
Ces échanges entre penseurs montrent le dynamisme de la vie intellectuelle en Europe au XVIIIe siècle et la mobilité des philosophes qui s’échangeaient des idées et voyageaient régulièrement.